Un nouveau scandale à Saint-Étienne ? 200 000 euros pour une œuvre d’art à Terrenoire ?

Alors que le quartier de Terrenoire s’apprête à accueillir une installation artistique d’envergure financée par le ministère de la Culture, une polémique enfle : entre déconnexion des élus, oubli du savoir-faire local et urgence sociale, le choix de la mairie passe mal.

D’après nos informations, il semblerait que le coût de cette œuvre d’art sur la place de Terrenoire soit de 200 000 euros, un chiffre qui donne le tournis. À la manœuvre, la municipalité a choisi de jouer la carte du prestige en faisant appel à un artiste de renommée internationale.

L’art du mépris pour le savoir-faire local ?

Saint-Étienne est, par essence, une terre d’excellence artisanale. Pourquoi aller chercher à l’autre bout du monde ce que nous avons sous la main, à quelques kilomètres du centre-ville ?

En ignorant, par exemple,  le BTP CFA de Saint-Étienne, la municipalité manque une occasion historique. Nos jeunes apprentis, notamment les métalliers, ont littéralement de l’or entre les mains. Confier un tel projet à ces talents locaux aurait permis de :

  • Valoriser le geste technique et la transmission, piliers de l’identité stéphanoise.
  • Réaliser des économies majeures par rapport aux cachets des stars de l’art contemporain.
  • Renforcer le respect de l’œuvre : une structure bâtie par les jeunes de Saint Etienne est une œuvre que l’on protège, car elle appartient à ceux qui l’ont façonnée.

Des priorités en plein décalage

L’argument de la municipalité est prêt d’avance : « C’est l’argent du ministère, pas celui de la Ville. » soit mais à l’heure où les amicales laïques et les centres sociaux de Saint-Étienne s’effondre, ce fléchage des fonds publics interroge.

Puisque cet argent vient du ministère de la Culture, ne pouvait-on pas l’utiliser pour soutenir les structures de proximité qui s’écroulent ? Ne pouvait-on pas créer des emplois pérennes dans le domaine culturel local plutôt que de financer un « coup » médiatique éphémère ?

Du « grand n’importe quoi » 

L’art ne doit pas être une simple signature internationale posée sur un socle froid. Il doit être le reflet d’une ville, de ses habitants et de sa jeunesse qui bâtit. En choisissant le faste plutôt que le sens, les élus stéphanois semblent avoir oublié que la véritable fierté d’une ville réside dans sa capacité à faire confiance à ses propres forces.

Une fois de plus, nous assistons à du grand n’importe quoi. Saint-Étienne mérite mieux qu’une vitrine coûteuse, elle mérite une politique qui investit dans l’humain et le local.

Laisser un commentaire